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Le Jardin d'été, Un goût pour l'Extrême

Quelle que soit l'exposition de votre jardin ou de votre balcon, un choix judicieux de végétaux vous permettra de profiter d'un décor plein de vie. Côté Ombre ou Cöté Soleil, créez des ambiances bien marquées !

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En été, tout est plus fort. Le soleil est plus ardent et rend parfois la chaleur difficilement supportable dans les massifs plein sud. Alors, vive l’ombre ? Pas si simple car trop dense ou trop humide l’ombre nuit aussi aux végétaux. Heureusement la nature a tout prévu et il y a des espèces bien adaptées même aux conditions extrêmes.

En cas de fortes chaleurs, la plupart des plantes ont du mal à compenser leur transpiration par l’absorption d’eau des racines, si bien qu’elles peuvent souffrir de la soif même si vous arrosez. Chaleur et sécheresse sont accentués lorsqu’il s’agit de talus en pente face au soleil ou de rocaille où les pierres emmagasinent la chaleur. La seule solution est de choisir des plantes adaptées à la situation.

Le contraste entre ombre et lumière est fort en été. Si les plantes choisies sont mal adaptées à la situation, elles vont se déformer afin de pousser vers la lumière. Il est donc important également dans les endroits ombragés de choisir des végétaux qui tolèrent la situation.

Aussi ce dossier d’été tente-t-il de faire le point sur ces végétaux exceptionnels qui rendent bien des services aux jardiniers.

Le soleil écrasant du sud

Quelles plantes pour une façade plein sud ?

La végétation qui couvre une façade plein sud servira d’isolant et empêchera le soleil de trop chauffer la paroi. Par ailleurs si vous guidez la grimpante sur des marquises placées au-dessus des ouvertures vous obtiendrez un ombrage élégant des pièces.

Dans le Midi, vous n’aurez aucun souci pour couvrir des murs regardant le sud, les bougainvillées et les bignones ne demandent qu’à y pousser. Si la paroi n’est pas trop grande vous pourrez aussi y palisser un lantana. Tous trois s’accommodent bien de la chaleur et de la sécheresse.

Dans les régions aux hivers pas trop froids (en gros, jusqu’en région parisienne dans des jardins abrités), essayez le jasmin étoilé ou faux jasmin aux petites fleurs blanches qui sentent aussi bon que le jasmin officinal et son feuillage coriace, satiné d’un vert sombre persiste en hiver s’il ne fait pas trop froid. Le jasmin étoilé est plus résistant au froid que son cousin. Sa croissance rapide vous offrira un habillage express du mur. La vigne pourpre y pousse aussi à merveille ; celle de Coignet a de sublimes couleurs d’automne. Enfin, vous pouvez y essayer aussi les grimpantes annuelles comme les cobées, les belles de jour ou les haricot d’Espagne qui n’ont pas peur de la chaleur, mais apprécieront un arrosage les soirs de grosses chaleurs.

 

Quelles fleurs pour un talus au soleil ?

Certains rosiers miniatures comme ‘Emera’ (rose vif), ‘Nozomi’ (rose pâle), ‘Swany’(blanc) ‘Tapis Persan’ (rouge) ou ‘Canicule’ (jaune) sont des durs à cuire et s’adaptent à ces situations écrasées de soleil. Leur entretien se réduit au minimum, une taille radicale à la cisaille tous les 2 à 3 ans. Les millepertuis aiment également ces situations extrêmes qui encouragent une floraison jaune d’or abondante en été.

Les pérovskias illuminent l’été et l’automne de leurs épis bleu azur sur fond de feuillage argenté qui se balancent dans le vent. Quelques touffes de lin de Nouvelle Zélande dans les zones protégées donneront tout de suite un caractère exotique à votre talus ensoleillé.

 

Fleurir une rocaille au soleil

Bien que les expositions plein sud ne soient pas les meilleures pour installer une rocaille. On n’a parfois pas le choix car la dénivellation du terrain est ainsi orientée.

Les pierres augmentent encore la température de l’air en emmagasinant la chaleur. Par ailleurs entre les pierres, la terre n’est disponible qu’en faible quantité : elle sèche vite et est plutôt pauvre. Voilà des conditions bien difficiles pour la végétation. Malgré tout, les achillées millefeuilles, les oeillets mignardises, œillets des sables, et les érigérons des murailles savent prospérer dans ces conditions. Les herbes aromatiques de la garrigue comme le thym, la sarriette et le romarin aussi.

Les plantes sans souci pour balcon et terrasse au soleil

Même si vous les arrosez 2 fois par jour. Le mieux est de recourir à des plantes qui savent faire des réserves et réduire leur transpiration au minimum en cas d’urgence comme les plantes grasses comme les sédums, capables de supporter en pot les chaleurs les plus extrêmes.

En mariant bien les variétés, vous pouvez avoir des fleurs du printemps aux gelées. En effet, le poivre des murailles ou sédum acre s’épanouit en jaune d’or de mai à juillet. A sa suite viennent en floraison, dès juillet, le sédum ‘Rosenteppich’ pas plus haut que 10 cm, d’un beau rose carmin, et Sedum kamtschaticum ‘Variegatum’, à fleurs jaune d’or et feuilles panachées d’ivoire. Pour l’automne, vous n’aurez que l’embarras du choix entre les grands orpins, les sédums rampants ‘Ruby Glow’, aux feuilles bleutées et aux fleurs rose foncé ou - ‘Bertram Anderson, au beau feuillage gris ardoise qui se répand en tapis et aux fleurs rubis.

Jardins citadins : ombre ou soleil ? 

Enclave de nature dans la ville, votre jardinet, même bien exposé, reçoit peu de soleil au regard des besoins des plantes. Pour elles, la mention « plein soleil » signifie au moins 4 heures de soleil par jour toute l’année. En ville, peu de jardins peuvent prétendre à cela. Mieux vaut écarter de votre choix des plantes appréciant le soleil. Des plantes de mi-ombre vous donneront satisfaction dans un jardin de ville ensoleillé.

Sécheresse : renforcez la résistance des plantes !

Vous pouvez renforcer la résistance à la sécheresse de vos plantes par votre façon de jardiner :

- En jardinières, vous avez tout intérêt à enrichir le terreau avec des granulés rétenteurs d’eau : ils se gorgent d’eau lorsque vous arrosez et constituent ainsi une réserve d’eau pour vos plantes. Ils restituent cette eau petit à petit, au fur et à mesure que la terre sèche. Leur emploi au jardin n’est pas possible car ces produits sont trop onéreux.

- Arrosez efficace ! Le soir lorsque le soleil est couché, en quantités importantes à chaque fois et espacez vos arrosages au maximum dans la semaine. Vous encouragerez les racines à aller chercher l’eau en profondeur. Arrosez en pluie afin que l’eau est le temps de pénétrer en profondeur et non de ruisseler en surface.

- Retenez l’eau sur place le plus longtemps possible et couvrant la terre de paillage (paille, paillettes de lin, écorces de pin, débris de bois…) : 6 à 8 cm d’épaisseur sont nécessaires pour empêcher l’évaporation de surface ; A mettre en place après un arrosage copieux.

 

L’ombre dense

 

Il y a ombre et ombre. Les jardins de ville exposés au nord ou à l’est, bien dégagés ne reçoivent pas de soleil, mais peuvent être lumineux. Ce sont des expositions humides : on parle alors d’ombre humide. Les plantes de mi-ombre prospéreront. On ne peut pas dire que la situation est extrême. En revanche, sous un arbre au feuillage léger (peu dense ou petites feuilles) comme le bouleau ou certains érables, ou à l’aplomb d’un mur, l’ombre a beau être légère, elle n’en est pas moins « ombre » et il faudra opter pour des plantes d’ombre obligatoirement. Sous un arbre au feuillage dense, comme un érable, un marronnier ou un tilleul, l’ombre est vraiment profonde. Peu de plantes s’adaptent à ces conditions difficiles.

 

Les solutions pour l'ombre humide (au pied d’un mur au nord)

 

L’ombre des constructions côté nord est constante. Elle n’évolue qu’avec les saisons (soleil plus rasant…) et est plus tranchée que celle des arbres. L’obstacle est opaque contrairement au feuillage des arbres.

Ses plus :

  • L’air reste plus frais même en milieu de journée.
  • La terre reste humide plus longtemps car l’évaporation est limitée. L’eau demeure plus longtemps à disposition des plantes au niveau des racines.
  • La lumière est assez homogène dans toutes les directions.

Les moins :

  • L’intensité de la lumière est faible.
  •  L’endroit est très humide en hiver, voire trop humide, ce qui diminue parfois la résistance au froid des plantes.

 

Astuce !

A l’ombre, la pelouse pousse mal, elle est envahie régulièrement par la mousse durant l’hiver et vous oblige à un entretien assidu sans obtenir un résultat extraordinaire. Il vaut mieux lui substituer une plate-bande de plantes adaptées quand c’est possible ou un tapis de plantes couvre-sol qui supportent bien l’ombre : les épimédiums ou fleurs des elfes et leurs grappes de fleurs jaune pâle si graciles au printemps, les ophiopogons dans leur version noire si étranges ou l’helxine si les hivers sont doux dans la région.

Faites la part belle aux feuillages extraordinaires, amples, hauts, larges, géants… L’humidité et la lumière zénithale leur permettent un développement optimum. La fraîcheur limite les pertes d’eau par évaporation. Osez les ligulaires géantes (L. x palmatiloba) dépassant 1,80 m de haut et 1 m de diamètre, aux fleurs jaunes entre juin et août. Les gunnéras s’y plairont si le sol y est franchement très humide même en été. Les rhubarbes ornementales, en fleurs entre mai et juin, et les rodgersias, en fleurs un peu plus tard, entre juin et juillet, sont aussi de bonnes candidates.

Côté fleurs, vous disposez d’une palette de floraisons délicates et insolites : au printemps, celle des cœur de Marie et des sceaux de Salomon ; en été, les fuchsias ; à l’automne, les anémones du Japon ; en hiver, les hellébores.

C’est aussi la place rêvée pour une collection d’hortensia pour les floraisons estivales, de rhododendrons pour les floraisons printanières, de camélias pour l’hiver. Les mélanges d’arbustes vous permettront d’obtenir des effets « déco » sur plusieurs saisons : pieris au printemps, pour les jeunes pousses et les fleurs, mahonia pour ses baies bleues en automne et sa floraison jaune vif tôt au printemps… Quand ils ont un feuillage persistant ils assureront aussi le décor d’hiver. Les feuilles de mahonia s’ourlent joliment de pourpre sous l’effet du froid. Celles du nandina ‘Fire Power’ deviennent écarlates.

Ombre sèche sous des grands arbres

Sous les arbres, au manque de lumière s’ajoute une concurrence forte des racines de l’arbre, bien étalées, en place depuis de nombreuses années. Vous avez là une « ombre sèche ».

Le plus :

  • L’air est frais même en été.

Les moins :

  • La lumière y est plus ou moins filtrée par le feuillage, l’ombrage maximum intervient en été lorsque les espèces caduques ont leur feuillage complètement développé.
  • Les racines de l’arbre en surplomb concurrencent celles des végétaux qui sont plantés à son pied surtout si l’arbre possède un enracinement étalé et superficiel.

Devant tant d’adversité – pas de lumière et sécheresse - est-il utile de planter ? Oui ! Car vous éviterez ainsi l’invasion des mauvaises herbes qui se propageront à partir de là vers dans parties du jardin où vous les désirez encore moins.

On plante aussi pour l’esthétique. C’est agréable d’avoir un décor quand les arbres n’ont plus de feuilles avec des plantes à feuilles persistantes comme des pervenches ou du lamier au ras du sol, les polystichums, une des meilleures fougères sous les arbres, une osmanthe un peu plus haut ou un laurier-tin pour un habillage plus en hauteur. Les feuillages panachés qui supportent l’ombre comme l’herbe aux goutteux panachée, le leucothoé ‘Rainbow’ (en sol acide), la bugle ‘Burgundy Glow’ tricolore, rose, ivoire et verte, éclairent les sous-bois les plus sombres. Les hostas préfèrent l’ombre d’arbres au feuillage léger, pas trop dense.

Et les fleurs ne sont pas en reste. Les cyclamens de Naples aux curieuses fleurs rose vif, forment de grands tapis fleuris à l’automne lorsqu’ils se plaisent. Les hellébores sont faites pour ces situations ombragées sous couvert végétal si le terrain est frais. Le muguet affectionne les même situations toujours légèrement humides. Pour une floraison d’arrière-saison, laissez-vous séduire par les cierges d’argent aux longs épis blanc crème : la variété ‘White Pearl’ fleurit particulièrement tardivement jusqu’en octobre.

Manque de lumière ?

Lorsqu’une plante n’a pas suffisamment de lumière, ses tiges s’allongent vers le ciel, démesurément en se déformant. Un peu d’observation vous fera mettre le doigt sur celles qui sont mal placées dans votre jardin.

Les frileuses aiment le nord !

Une plante un peu frileuse se plait davantage à une exposition nord. Dans un endroit très ensoleillé, elle risque, aux premiers jours du printemps, d’y subir de trop brusques variations de température qui peuvent lui être fatales : un dégel brutal le jour avant un retour du gel nocturne.

Les plantes de l’extrême, pour les choisir sans se tromper...

Les meilleures pour l’ombre sèche

Arbustes
Laurier-tin - Leucothoe - Mahonia - Osmanthe

Plantes vivaces
Bergénia - Epimédium - Euphorbe - Lamier - Ophiopogon - Pachysandra - Pervenche - Polystichum

Les meilleures pour l’ombre humide

Arbustes
Camélia - Erable du Japon - Fuchsia - Hortensias - Mahonia - Nandina - Piéris - Rhododendron

Plantes vivaces
Anémone du Japon - Astilbe Bugle ‘Burgundy Glow’ Cœur de Marie - Hellébore - Heuchère - Hosta - Ligulaire géante - Rhubarbe ornementale - Rodgersia

Les meilleures pour le « soleil de plomb »

Arbustes
Lantana - Millepertuis - Pérovskia Rosiers miniatures

Plantes vivaces
Achillée millefeuilles - Erig : éron des murailles - Erodium - Joubarbe - Œillet des sables - Œillet mignardise - Lin de Nouvelle Zélande - Romarin - Sarriette - Sédum - Thym

Grimpantes
Bougainvillée - Bignone - Jasmin étoilé - Vigne pourpre - Vigne de Coignet - Cobée - Belle de jour - Haricot d’Espagne